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CHEVAUX DE TRAIT  > Le débardage

CHEVAUX DE TRAIT  > Le débardage

Anachronisme pour certains, nécessité pour d'autres, passion pour ceux qui en ont fait leur métier, le débardage est une discipline très particulière de l'attelage. Sans doute pas la plus facile. Il suffit de voir la précision avec laquelle sont manipulés troncs et grummes.

 

Pour mettre en valeur cette véritable profession, cet article présente toutes les facettes qui la compose. Où se place le cheval dans l'exploitation forestière ? Quelles sont les régions en Belgique où se pratique cette profession ? Pourquoi le choix du brabançon ou de l'ardennais ? Comment se déroule une journée de débardeur ? Et à l'étranger? Toute une série de questions auxquelles on va tenter de répondre. Le cheval de trait prend donc sa place dans l'exploitation forestière. Celle-ci se compose de plusieurs étapes:

  • L'abattage et l'ébranchage des arbres par le bûcheron ou tracteur spécialisé;
  • Le débardage et mise en tas des grumes sur chemins forestiers ou coupe-feu. C'est ici que le cheval peut intervenir;
  • Le débardage du bois par tracteur vers les routes forestières;
  • Et enfin, le transport des grumes par camions vers l'usine.

Des études ont montré qu'à distance égale, le débardage à cheval coûte environs 10 fois plus cher que le débardage au tracteur. Cette différence se justifie essentiellement par deux facteurs : le tracteur tire un volume de bois bien supérieur à celui du cheval et la machine peut aussi travailler sur de plus longues distances sans se fatiguer. Même si l'investissement dans l'équipement mécanisé est nettement supérieur au cheval, le rendement reste incomparable.

Pourquoi utiliser le cheval? Plusieurs réponses peuvent justifier l'usage de l'animal. Tout d'abord, la tradition. Pendant de nombreuses années, le débardage à cheval en Belgique a été une profession importante qui s'est transmise de père en fils. Même si l'introduction de la machine a fortement perturbé ce milieu particulier lors de l'après - guerre, il reste encore beaucoup de familles et de passionnés qui perpétuent cette tradition.

Ensuite, il y a l'aspect écologique. Les machines étant lourdes, bruyantes et imposantes, elles occasionnent des dégâts important aux forêts. Celles-ci doivent maintenant être conçues spécialement en fonction du matériel forestier. Ainsi donc, le cheval ne tasse pas les sols et ne cause pratiquement pas de dégâts aux arbres et chemins. Il s'intègre de plus parfaitement dans l'écosystème forestier. Ces facteurs de qualité écologique incitent beaucoup de propriétaires forestiers à imposer à l'exploitant un débardage à l'aide du cheval.

Finalement, l'usage du cheval a encore sa raison d'être car il est tout a fait complémentaire à la machine. En effet, même si celle-ci est impeccable pour les mises à blanc (où une parcelle d'arbres est entièrement abattue), beaucoup de coupes d'éclaircies ne permettent pas à la machine de travailler vu la proximité des arbres. Il y a également le relief. Les tracteurs ne peuvent pas passer partout. Le cheval s'impose donc et donne plus de souplesse dans les terrains plus encaissés. L'association cheval-machine peut entraîner une augmentation considérable de la productivité.

Voici quelques chiffres. Un brabançon peut débarder environs de 25 à 100 m3 la journée. Le volume va dépendre de beaucoup de facteurs : la grosseur des grumes en fonction du type de coupe (une première éclaircie donne des petites perches de 25 à 45 cm de diamètre alors qu'une quatrième éclaircie peut donner des diamètres de 70 a 120 cm), la nature du sol, le relief, le climat, la qualité du cheval. Notons que le cheval débarde principalement des conifères.

En Belgique, il existe principalement deux régions où le débardage à cheval se pratique : la Campine et les Ardennes. Pour donner un ordre de grandeur, on pourrait encore dénombrer environ une trentaine de débardeurs en Campine (15% de la forêt belge) et ce nombre passe la centaine (professionnels) en Ardennes. Ces chiffres s'expliquent par les superficies de forêts dans ces régions. Trois quarts de la superficie forestière en Belgique (22% du territoire belge) se situe en Ardennes.
Nos deux races de traits en Belgique se prêtent bien au débardage. L'ardennais par son plus petit gabarit (650 kg à 800 - garrots jusque 1m62) convient bien pour les terrains plus mous et encaissés. Par contre, le brabançon (de 800 à 1000 kg - passe facilement 1m70 au garrot) lui s'adaptera mieux sur les terrains durs. Même si à cause de sa masse, son agilité est sans nul doute inférieure à celle de l'ardennais, sa force supérieure lui permet facilement de tirer des gros bois et donc d'améliorer la rentabilité de l'exploitation. Les débardeurs en Flandre utilisent principalement des brabançons alors qu'en Ardennes, on estime que 60% des chevaux au travail appartiennent à cette race brabançonne.

Le brabançon, avec son caractère paisible et son courage sans limite, convient très bien au débardage. Si le cheval a une aptitude à tirer dès le départ, il lui faudra de 3 à 6 mois pour être débourré et apte à bien faire son travail. Cette phase d'apprentissage s'effectuera de manière progressive. Dans le meilleur des cas, le nouveau cheval accompagnera en forêt d'autres chevaux déjà expérimentés. Cette simple accoutumance au milieu de travail facilitera l'apprentissage. Ensuite, le débardeur fera tirer un tronc, puis deux, puis trois, et ainsi de suite.

En Belgique, et particulièrement en Ardennes, le contrôle du cheval s'effectue à l'aide du cordeau mais beaucoup de manoeuvres sont effectuées à la parole. Avec un vocabulaire assez simple, le débardeur parvient à manoeuvrer son cheval dans tous les cas de figures. Parmi ce vocabulaire, nous avons "hue" pour avancer, "hiieu" (à droite), "harr" à gauche, "recule" pour reculer et "un pas" pour avancer d'un seul pas. Lorsque le cheval n'est pas encore familiarisé avec ce vocabulaire, le débardeur peut accompagner son ordre par quelques mouvements du cordeau.


La figure ci-contre montre tout l'équipement nécessaire au cheval (cette figure provient du livre du "Cheval Ardennais").

Pour le jeune débardeur, cela peut représenter un investissement de 3500 à 4000 €.. Ceci comprend l'achat du cheval, son temps de formation et l'achat du harnais. A ce matériel s'ajoute bien sûr le véhicule pour transporter les animaux. Cela va de la simple remorque tirée par un tracteur jusqu'au camion qui peut transporter plusieurs chevaux et le tracteur forestier.
En ce qui concerne la nourriture, celle-ci doit être adaptée en fonction de l'effort fourni. Il y a un monde de différence entre un cheval qui est paisiblement en prairie et un cheval de débardage qui travaille de manière intense toute la journée. Pour compenser cette perte importante en calories, le débardeur donnera avec le foin, la paille et les aliments composés, des quantités importantes d'avoine (valeur énergétique élevée). Voici quelques chiffres pour une journée d'alimentation d' un gros brabançon au travail: 12 kg d'aliments préparés vitaminés , 6 kg d'avoine et 5 kg de foin. A ces aliments de base peuvent s'ajouter d'autres ingrédients. Chaque débardeur a ses petites recettes personnelles. Cette alimentation extrêmement riche doit être parfaitement contrôlée. Lors du débourrage du cheval, le débardeur doit augmenter progressivement les doses afin d'éviter toute fourbure ou autres problèmes de santé.

On entend souvent les gens plaindrent les chevaux de leur travail épuisant. Mais quand est-il du débardeur? Les deux n'ont pas une vie facile. Tôt le matin (5h30), le débardeur se lève et même avant de prendre son déjeuner, il s'occupe déjà de ses chevaux. Ceux-ci reçoivent leur premier repas composé essentiellement d'avoine et d'eau. Ensuite tout doit être fait pour commencer tôt en forêt. Dès 7h, les chevaux travaillent dans la coupe de bois. La journée va être rythmée par une succession de pauses afin de permettre aux chevaux et aux débardeurs de souffler un peu en n'oubliant pas les arrêts repas. Le débardeur ne doit pas quitter trop tard la forêt car sa journée n'est pas encore terminée. Il doit donner le repas du soir, vérifier son matériel pour le lendemain, mettre à sécher les colliers et enfin, penser un peu à lui.
Pour les plus coriaces, ce rythme peut être appliqué toute l'année et même en hiver. Pluie, beau temps, mauvais temps, presque rien ne peut les arrêter. Il est à souligner qu'une proportion non négligeable de débardeurs ont ce travail comme activité principale. C'est une véritable profession.

Si vous voulez admirer cette profession, soit vous avez la chance de rencontrer des débardeurs lors de vos balades en forêt, soit il vous suffit d'aller assister à un concours de traction ou de débardage. Les mois d'été foisonnent d'événements ruraux. La Flandre est plus spécialisée dans les concours de traction pure où l'épreuve principale est la traction d'une charge importante sur traîneau. Les Ardennes proposent des concours plus diversifiés avec des épreuve à la parole et d'agilité.

Qu'en est-il à l'étranger? Plusieurs pays pratiquent encore la profession de débardage à cheval comme la France, l'Allemagne, les pays nordiques et même les Etats-Unis et le Canada. Prenons l'exemple de la France. Celle-ci n'a pas notre grande tradition et l'usage du cheval y est symbolique. Néanmoins, l'ONF (l'Office National des Forets) et les haras nationaux tentent de réintroduire cette pratique. Ils font la promotion du cheval afin d'assurer la conservation des races de traits. Pour être débardeur en France, il faut ,soit suivre une formation en débardage forestier qui est reconnue par l'état, soit justifier cinq années en entreprise forestière. La profession reste complémentaire car elle n'engendre pas beaucoup de revenus. Le salaire s'estime à 6000 FF par mois. Rappelons qu'en Belgique, même si le travail est rude, il permet une activité à plein temps et un confort de vie tout à fait respectable.

Chaque pays a aussi ses techniques. En Belgique, le débardeur travaille au cordeau et à la voix. En France, ils utilisent deux guides. Et aux Etats-Unis? C'est le pays des grandeurs. Ils utilisent parfois des petites charrettes qui soulèvent la base du tronc afin d'éviter un frottement important. Avec deux chevaux attelés à la charrette, ils peuvent donc débarder des troncs imposants. Les Américains du Nord utilisent aussi beaucoup « Internet » et vous pourrez consulter http://www.ruralheritage.com/logging_camp/index.htm pour y apprendre, entre autre, que la race principale utilisée est le Belgian (nous y voilà). Vous pourrez aussi vous procurer les plans des charrettes de débardage. Le site répond à toutes une série de questions sur le sujet et vous donne une liste d'adresses de débardeurs.

Néanmoins, cet article peut conclure que la tradition la plus importante dans le domaine du débardage à cheval se trouve bien en Belgique, tout aussi bien en Flandre qu'en Wallonie. Le brabançon y tient une place importante. Le maintien de la race est donc le garant de cette profession remarquable. Les pouvoirs publics doivent promouvoir cette activité car elle garde tout à fait son intérêt économique étant parfaitement complémentaire à l'usage des machines.

Source : http://www.chevaletforet.be

Télécharger le dossier pédagogique sur le débardage édité par l'a.s.b.l CHEVAL et FORET

LES SITES TRAITANT DU DEBARDAGE :

Anachronisme pour certains, nécessité pour d'autres, passion pour ceux qui en ont fait leur métier, le débardage est une discipline très particulière de l'attelage. Sans doute pas la plus facile. Il suffit de voir la précision avec laquelle sont manipulés troncs et grummes.

 

Pour mettre en valeur cette véritable profession, cet article présente toutes les facettes qui la compose. Où se place le cheval dans l'exploitation forestière ? Quelles sont les régions en Belgique où se pratique cette profession ? Pourquoi le choix du brabançon ou de l'ardennais ? Comment se déroule une journée de débardeur ? Et à l'étranger? Toute une série de questions auxquelles on va tenter de répondre. Le cheval de trait prend donc sa place dans l'exploitation forestière. Celle-ci se compose de plusieurs étapes:

  • L'abattage et l'ébranchage des arbres par le bûcheron ou tracteur spécialisé;
  • Le débardage et mise en tas des grumes sur chemins forestiers ou coupe-feu. C'est ici que le cheval peut intervenir;
  • Le débardage du bois par tracteur vers les routes forestières;
  • Et enfin, le transport des grumes par camions vers l'usine.

Des études ont montré qu'à distance égale, le débardage à cheval coûte environs 10 fois plus cher que le débardage au tracteur. Cette différence se justifie essentiellement par deux facteurs : le tracteur tire un volume de bois bien supérieur à celui du cheval et la machine peut aussi travailler sur de plus longues distances sans se fatiguer. Même si l'investissement dans l'équipement mécanisé est nettement supérieur au cheval, le rendement reste incomparable.

Pourquoi utiliser le cheval? Plusieurs réponses peuvent justifier l'usage de l'animal. Tout d'abord, la tradition. Pendant de nombreuses années, le débardage à cheval en Belgique a été une profession importante qui s'est transmise de père en fils. Même si l'introduction de la machine a fortement perturbé ce milieu particulier lors de l'après - guerre, il reste encore beaucoup de familles et de passionnés qui perpétuent cette tradition.

Ensuite, il y a l'aspect écologique. Les machines étant lourdes, bruyantes et imposantes, elles occasionnent des dégâts important aux forêts. Celles-ci doivent maintenant être conçues spécialement en fonction du matériel forestier. Ainsi donc, le cheval ne tasse pas les sols et ne cause pratiquement pas de dégâts aux arbres et chemins. Il s'intègre de plus parfaitement dans l'écosystème forestier. Ces facteurs de qualité écologique incitent beaucoup de propriétaires forestiers à imposer à l'exploitant un débardage à l'aide du cheval.

Finalement, l'usage du cheval a encore sa raison d'être car il est tout a fait complémentaire à la machine. En effet, même si celle-ci est impeccable pour les mises à blanc (où une parcelle d'arbres est entièrement abattue), beaucoup de coupes d'éclaircies ne permettent pas à la machine de travailler vu la proximité des arbres. Il y a également le relief. Les tracteurs ne peuvent pas passer partout. Le cheval s'impose donc et donne plus de souplesse dans les terrains plus encaissés. L'association cheval-machine peut entraîner une augmentation considérable de la productivité.

Voici quelques chiffres. Un brabançon peut débarder environs de 25 à 100 m3 la journée. Le volume va dépendre de beaucoup de facteurs : la grosseur des grumes en fonction du type de coupe (une première éclaircie donne des petites perches de 25 à 45 cm de diamètre alors qu'une quatrième éclaircie peut donner des diamètres de 70 a 120 cm), la nature du sol, le relief, le climat, la qualité du cheval. Notons que le cheval débarde principalement des conifères.

En Belgique, il existe principalement deux régions où le débardage à cheval se pratique : la Campine et les Ardennes. Pour donner un ordre de grandeur, on pourrait encore dénombrer environ une trentaine de débardeurs en Campine (15% de la forêt belge) et ce nombre passe la centaine (professionnels) en Ardennes. Ces chiffres s'expliquent par les superficies de forêts dans ces régions. Trois quarts de la superficie forestière en Belgique (22% du territoire belge) se situe en Ardennes.
Nos deux races de traits en Belgique se prêtent bien au débardage. L'ardennais par son plus petit gabarit (650 kg à 800 - garrots jusque 1m62) convient bien pour les terrains plus mous et encaissés. Par contre, le brabançon (de 800 à 1000 kg - passe facilement 1m70 au garrot) lui s'adaptera mieux sur les terrains durs. Même si à cause de sa masse, son agilité est sans nul doute inférieure à celle de l'ardennais, sa force supérieure lui permet facilement de tirer des gros bois et donc d'améliorer la rentabilité de l'exploitation. Les débardeurs en Flandre utilisent principalement des brabançons alors qu'en Ardennes, on estime que 60% des chevaux au travail appartiennent à cette race brabançonne.

Le brabançon, avec son caractère paisible et son courage sans limite, convient très bien au débardage. Si le cheval a une aptitude à tirer dès le départ, il lui faudra de 3 à 6 mois pour être débourré et apte à bien faire son travail. Cette phase d'apprentissage s'effectuera de manière progressive. Dans le meilleur des cas, le nouveau cheval accompagnera en forêt d'autres chevaux déjà expérimentés. Cette simple accoutumance au milieu de travail facilitera l'apprentissage. Ensuite, le débardeur fera tirer un tronc, puis deux, puis trois, et ainsi de suite.

En Belgique, et particulièrement en Ardennes, le contrôle du cheval s'effectue à l'aide du cordeau mais beaucoup de manoeuvres sont effectuées à la parole. Avec un vocabulaire assez simple, le débardeur parvient à manoeuvrer son cheval dans tous les cas de figures. Parmi ce vocabulaire, nous avons "hue" pour avancer, "hiieu" (à droite), "harr" à gauche, "recule" pour reculer et "un pas" pour avancer d'un seul pas. Lorsque le cheval n'est pas encore familiarisé avec ce vocabulaire, le débardeur peut accompagner son ordre par quelques mouvements du cordeau.


La figure ci-contre montre tout l'équipement nécessaire au cheval (cette figure provient du livre du "Cheval Ardennais").

Pour le jeune débardeur, cela peut représenter un investissement de 3500 à 4000 €.. Ceci comprend l'achat du cheval, son temps de formation et l'achat du harnais. A ce matériel s'ajoute bien sûr le véhicule pour transporter les animaux. Cela va de la simple remorque tirée par un tracteur jusqu'au camion qui peut transporter plusieurs chevaux et le tracteur forestier.
En ce qui concerne la nourriture, celle-ci doit être adaptée en fonction de l'effort fourni. Il y a un monde de différence entre un cheval qui est paisiblement en prairie et un cheval de débardage qui travaille de manière intense toute la journée. Pour compenser cette perte importante en calories, le débardeur donnera avec le foin, la paille et les aliments composés, des quantités importantes d'avoine (valeur énergétique élevée). Voici quelques chiffres pour une journée d'alimentation d' un gros brabançon au travail: 12 kg d'aliments préparés vitaminés , 6 kg d'avoine et 5 kg de foin. A ces aliments de base peuvent s'ajouter d'autres ingrédients. Chaque débardeur a ses petites recettes personnelles. Cette alimentation extrêmement riche doit être parfaitement contrôlée. Lors du débourrage du cheval, le débardeur doit augmenter progressivement les doses afin d'éviter toute fourbure ou autres problèmes de santé.

On entend souvent les gens plaindrent les chevaux de leur travail épuisant. Mais quand est-il du débardeur? Les deux n'ont pas une vie facile. Tôt le matin (5h30), le débardeur se lève et même avant de prendre son déjeuner, il s'occupe déjà de ses chevaux. Ceux-ci reçoivent leur premier repas composé essentiellement d'avoine et d'eau. Ensuite tout doit être fait pour commencer tôt en forêt. Dès 7h, les chevaux travaillent dans la coupe de bois. La journée va être rythmée par une succession de pauses afin de permettre aux chevaux et aux débardeurs de souffler un peu en n'oubliant pas les arrêts repas. Le débardeur ne doit pas quitter trop tard la forêt car sa journée n'est pas encore terminée. Il doit donner le repas du soir, vérifier son matériel pour le lendemain, mettre à sécher les colliers et enfin, penser un peu à lui.
Pour les plus coriaces, ce rythme peut être appliqué toute l'année et même en hiver. Pluie, beau temps, mauvais temps, presque rien ne peut les arrêter. Il est à souligner qu'une proportion non négligeable de débardeurs ont ce travail comme activité principale. C'est une véritable profession.

Si vous voulez admirer cette profession, soit vous avez la chance de rencontrer des débardeurs lors de vos balades en forêt, soit il vous suffit d'aller assister à un concours de traction ou de débardage. Les mois d'été foisonnent d'événements ruraux. La Flandre est plus spécialisée dans les concours de traction pure où l'épreuve principale est la traction d'une charge importante sur traîneau. Les Ardennes proposent des concours plus diversifiés avec des épreuve à la parole et d'agilité.

Qu'en est-il à l'étranger? Plusieurs pays pratiquent encore la profession de débardage à cheval comme la France, l'Allemagne, les pays nordiques et même les Etats-Unis et le Canada. Prenons l'exemple de la France. Celle-ci n'a pas notre grande tradition et l'usage du cheval y est symbolique. Néanmoins, l'ONF (l'Office National des Forets) et les haras nationaux tentent de réintroduire cette pratique. Ils font la promotion du cheval afin d'assurer la conservation des races de traits. Pour être débardeur en France, il faut ,soit suivre une formation en débardage forestier qui est reconnue par l'état, soit justifier cinq années en entreprise forestière. La profession reste complémentaire car elle n'engendre pas beaucoup de revenus. Le salaire s'estime à 6000 FF par mois. Rappelons qu'en Belgique, même si le travail est rude, il permet une activité à plein temps et un confort de vie tout à fait respectable.

Chaque pays a aussi ses techniques. En Belgique, le débardeur travaille au cordeau et à la voix. En France, ils utilisent deux guides. Et aux Etats-Unis? C'est le pays des grandeurs. Ils utilisent parfois des petites charrettes qui soulèvent la base du tronc afin d'éviter un frottement important. Avec deux chevaux attelés à la charrette, ils peuvent donc débarder des troncs imposants. Les Américains du Nord utilisent aussi beaucoup « Internet » et vous pourrez consulter http://www.ruralheritage.com/logging_camp/index.htm pour y apprendre, entre autre, que la race principale utilisée est le Belgian (nous y voilà). Vous pourrez aussi vous procurer les plans des charrettes de débardage. Le site répond à toutes une série de questions sur le sujet et vous donne une liste d'adresses de débardeurs.

Néanmoins, cet article peut conclure que la tradition la plus importante dans le domaine du débardage à cheval se trouve bien en Belgique, tout aussi bien en Flandre qu'en Wallonie. Le brabançon y tient une place importante. Le maintien de la race est donc le garant de cette profession remarquable. Les pouvoirs publics doivent promouvoir cette activité car elle garde tout à fait son intérêt économique étant parfaitement complémentaire à l'usage des machines.

Source : http://www.chevaletforet.be

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LES SITES TRAITANT DU DEBARDAGE :

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